Un chanteur d’opéra en traduction infidèle

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La musique et l’étude des langues sont proches parentes, c’est bien connu, et avoir une bonne oreille est un atout dans les deux cas. Mais ce n’est pas tous les jours qu’un chanteur d’opéra réputé décide d’élargir l’horizon de ses compétences en s’inscrivant dans un programme de traduction…
C’est pourtant ce que le ténor James McLennan a entrepris, l’automne dernier, en s’inscrivant à l’École de traduction de Glendon, afin d’obtenir un baccalauréat spécialisé en traduction.

« J’adore apprendre différentes langues – c’est en partie pour cette raison que je chante l’opéra – et le programme de traduction de Glendon m'a semblé un excellent moyen de parfaire mon français », de dire J. McLennan, natif de Winnipeg, au Manitoba. Ses parents, d’origines écossaises et ukrainiennes, ont compris très tôt l’avantage que la connaissance du français pourrait donner à leurs enfants. Dès la maternelle, James et son frère sont allés à l’école d’immersion française, de sorte qu’ils parlaient couramment les deux langues avant la fin de leur primaire. Et la proximité d’une vaste communauté francophone, à Saint-Boniface, leur a donné nombre d’occasions de pratiquer le français en dehors de l’école. « Chaque année, nous allions avec l’école voir des pièces françaises au Cercle Molière [le plus vieux théâtre francophone toujours en activité au Canada]; nous participions aussi au Festival du voyageur. J’en suis venu à me sentir très à l’aise avec la culture francophone. »

La carrière de J. McLennnan à l’opéra est en plein essor. Il a tenu des rôles importants partout au Canada, avec des compagnies aussi prestigieuses que l’Opéra de Vancouver, le Festival de Banff, le Toronto Bach Consort et le Tapestry New Opera Works, pour ne nommer que celles-là. Récipiendaire d’un prix Chalmers et d’une bourse du Conseil du Canada, il est aussi un ancien élève de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, avec lequel il a interprété Ferrando dans
CosÍ fan tutte, Némorino dans L’Elisir d’amore et Tonio dans La Fille du régiment. En décembre dernier, dans une production du Toronto Operetta Theatre, son interprétation du rôle-titre dans Candide, le chef-d’œuvre de Leonard Bernstein, lui a valu de grands éloges.

C’est le plaisir d’apprendre qui le pousse à étudier la traduction, ainsi que le désir d’approfondir sa formation en sciences humaines. Bien que sa carrière à l’opéra demeure au centre de ses activités, il aime l‘idée de pouvoir faire de la traduction à la pige quand il n'est pas trop pris par le chant. « Je pense que la traduction est une discipline qui offre beaucoup de possibilités et d’avantages, et j’ai hâte d'en relever les défis », de dire le ténor.

De nombreuses raisons ont conduit J. McLennan à choisir Glendon, parmi lesquelles la situation géographique du campus, proche du centre-ville et de la plupart des autres endroits où il travaille. Les petites classes et l’intérêt des programmes lui plaisent aussi beaucoup. « Selon moi, Glendon tient à cœur les intérêts de ses étudiants. Les programmes offerts ici sont forts sur le plan académique, mais ils sont aussi très ouverts sur le monde extérieur, et j’ai l’impression qu’ils préparent fort bien les diplômés pour le marché du travail actuel. La population étudiante est diversifiée, et tous les professeurs que j’ai rencontrés sont très dévoués, et parlent de leur matière avec enthousiasme. Je suis très content d’être là. »

Les étudiants qui viennent du milieu du travail, comme James McLennan, ne font pas que profiter des programmes multidisciplinaires de haut niveau de Glendon. Ils ajoutent aussi de façon significative à la diversité de la population étudiante, en apportant dans leurs bagages leurs connaissances et leur expérience, qui profitent en retour à l’université tout entière.

Cet article est proposé par l’agente de communication de Glendon, Marika Kemeny.


Publié le 25 January 2007